05 octobre 2011

En vrai, être prof...



Cette semaine, j'ai rencontré mes premiers étudiants. Moi qui pensais être la lectrice cool qui s'assoit dans un coin et les écoute discuter en français, tout faux.

Alors que quand j'étais à la fac, les "cours" donnés par les lecteurs n'étaient pas vraiment structurés (dans mon souvenir en tous cas), les leçons que je propose s'apparentent plutôt aux cours de primaire où il faut sans cesse faire en sorte que personne ne s'ennuie.

Et c'est crevant d'être sur le devant de la scène, d'expliquer, de s'assurer que tout le monde a compris, d'articuler, de faire les gestes qui aident à la compréhension. Mais le sentiment d'avoir accompli quelque chose est quand même vachement sympa, quand la discussion décolle et que tout le monde se précipite dans ses cahiers pour noter une nouvelle expression. Le must, c'est lorsque les gentils étudiants disent merci en sortant de la classe.

Ce semestre, j'ai des étudiants du cursus études européennes de niveau licence, des première année en école de management, mais aussi des quatrième année parcours Ingénierie et français. Et sans doute mon cours préféré : l'interprétation dans les services publics, où je joue le rôle d'une personne francophone confrontée à des problèmes de types divers (médicaux, légaux, d'immigration...). Je vais pouvoir apprendre quelques techniques et affiner mon vocabulaire, même en français. Je me rends compte que l'interprétariat reste une voie qui m'attire toujours énormément, même après avoir échoué au concours de l'ESIT.

Mais tout ça, c'est du boulot. J'essaie de rester au courant de ce qui se passe en France, pour pouvoir parler des derniers sujets d'actualité. La semaine prochaine, on parlera des primaires socialistes et de Facebook, par exemple. Et il faut que je prépare mes petits rôles que l'on joue en classe d'interprétation consécutive. Aujourd'hui, j'étais une étudiante dépressive. Demain je serai une mère de famille impliquée dans un vol à l'étalage.

En parlant de rôle, je dois me mettre dans la peau d'une prof et j'ai révisé ma garde-robe en conséquence. C'est assez embarrassant de se faire prendre pour une élève devant la porte d'une classe et qu'on vous demande si la prof est sympa...

Donc petit détour par le centre commercial de Bath qui ne manque pas de magasins de fringues et investissement dans des vêtements "professionnels". Lol. Ma collègue Eva a quelques réserves sur la jupe que j'aie choisie. Disons qu'il faudra que je porte une veste par-dessus.

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